Prologue 3 GN1 2026 – Développements Majeurs
Tensions avec les FAR
Après s’être engagés à collaborer dans l’effort de guerre contre le Cerebrum, les Forces Armées Républicaines (FAR) ont interrompu leur échange d’information avec les autorités trilatérales, dénonçant une attaque perpétrée par des forces corporatives à l’intérieur du territoire souverain du Protectorat Martien. Ces frappes auraient atteint un avant-poste colonial, signalé à tort comme hostile, alors qu’il était seulement sous surveillance des autorités martiennes. En réaction aux événements, le Major Cormac Yueh Ergen a déclaré:
«Cette frappe unilatérale et injustifiée est un exemple déplorable de la désorganisation et de l’impulsivité des forces corporatives. Il s’agit de la preuve criante que Mars seul peut assurer la sécurité de la nation martienne et de ses colons.»
De sa part, la Commission trilatérale a déclaré encore investiguer les causes de l’attaque
Peu de temps après la rupture des échanges stratégiques, une frappe orbitale majeure a été initiée par les FAR sans préavis. Lancée à partir de leur base sur la lune C1, l’attaque a mis l’intégralité du Projet Horizon en haute alerte, puisque le missile disposait d’une force d’impact comparable à une ogive nucléaire tactique. Le projectile a atteint une région côtière située à la frontière sud du Protectorat.
L’attaque a été déclaré un succès par l’état major martien, sans plus d’explications données sur la nature de la cible. Les autorités trilatérales ont dénoncé la présence d’armes orbitales sur C1 et plusieurs mégacorporations construisent à présent des contre-mesures à proximité de leurs opérations critiques du Horizon C, divergeant des ressources de l’effort de guerre contre le Cerebrum.
Attentat contre la station Phalanx
Une attaque suicide orchestrée à partir d’une navette volée a donné des sueurs froides aux dirigeants de l’Atlas Fondation. Malgré des codes d’approche constamment mis à jour, la navette est parvenue à atteindre la proximité directe de la station militaire. Les protocoles d’alerte de Phalanx sont toutefois parvenus à détecter une signature énergétique suspecte, initiant le déploiement d’intercepteurs. Pilotée par des membres du Cerebrum, la navette transportait une bombe à fission, laquelle a été activée précocement par les mutants juste avant qu’ils ne puissent être abattus. L’orbite de la station n’a heureusement pas été compromise par l’explosion, mais des dommages significatifs sont visibles sur sa coque comme sur les infrastructures du chantier orbital.
Opération Gorget
Sous les recommandations de l’IA ORACLE de Goodman, une frappe majeure a été orchestrée sur un site situé sur la côte équatoriale, légèrement au nord du chantier de Berghafen. Nom de code Opération Gorget, cette frappe coordonnée a impliqué des effectifs issus de plusieurs mégacorporations.
Selon les projections d’ORACLE, la zone côtière devait abriter un attroupement désorganisé d’unités du Cerebrum, des forces en cours de réarmement, vulnérables à une frappe rapide et incapables de soutenir un engagement prolongé. Le plan était simple, chirurgical : reconnaissance minimale, fixation de l’ennemi par des forces légères, puis déploiement massif de troupes corporatives pour repousser l’adversaire vers la mer avant une frappe d’artillerie maritime et orbitale. L’ennemi devait être brisé avant même d’avoir le temps de comprendre qu’il était pris pour cible.
Le débarquement initial ne rencontra presque aucune résistance. Peu de lignes défensives, pas de concentration de combattant : seulement quelques escarmouches. À la place, les équipes de reconnaissance découvrirent des camps de détention improvisés, dissimulés dans la jungle littorale, remplis de civils captifs, malades, sujet aux symptômes typiques des phases initiales du rétrovirus Horizon Zeta. Les unités de reconnaissance de Nephilim ont fait rapport d’un flux constant : ceux dont la transformation atteignait un seuil critique étaient libérés et se joignaient immédiatement aux rangs des mutants. Les effectifs du Cerebrum grandissaient un peu à chaque moment, mais la majorité des captifs étaient encore humains.
Face à cette variable imprévue et à la faible résistance des forces ennemies, l’objectif changea immédiatement, la nouvelle priorité devenant de sécuriser les captifs et par le fait même de priver le Cerebrum de nouveaux hôtes. L’ordre fut donné : évacuation et vaccination immédiates des prisonniers. Les navettes prévues pour l’exfiltration des troupes furent réaffectées aux civils. Les équipes médicales furent projetées en première ligne. Les formations de combat se fragmentèrent pour protéger les corridors d’évacuation. À partir de ce moment, l’opération ne suivait plus aucune des branches prévues par ORACLE.
Peu après le début de l’évacuation, les communications tactiques commencèrent à se détériorer. Pas de brouillage brutal, pas de coupure nette, mais plutôt une désorganisation progressive : ordres retardés, contradictions entre canaux, pertes de synchronisation entre escouades et signaux évasifs sur les capteurs de mouvement des soldats. Puis vinrent les premiers tirs amis. Des soldats attaquant leur propre escouade, parfois avec une précision clinique, parfois dans une panique totale. Sur les fréquences de communication, le chaos était percé de messages cryptiques. Il y avait quelque chose dans les arbres, des choses qui descendaient sur eux en masse, des choses discrètes et grouillantes.
Le plan initial reposait sur la supériorité du GEV-Saphon d’Atlas, déployé au large pour assurer le soutien côtier. ORACLE n’avait détecté aucune menace navale significative. En réalité, des unités amphibies du Cerebrum attendaient sous la surface depuis des heures. L’assaut fut massif et simultané sur plusieurs sections du pont. Les systèmes de défense furent neutralisés en quelques minutes, les centres de commandement tombèrent presque sans transmission d’alerte. Puis, les communications du Saphon furent rétablies: des ordres précis, calmes, structurés, appelant les unités au sol à se regrouper sur les plages pour une extraction immédiate. Les troupes, déjà désorganisées, obéirent.
Les plages devinrent des zones de concentration extrême : soldats, civils, blessés, entassés à découvert, pris en étaux. Le Saphon, désormais sous contrôle hostile, engagea son artillerie contre les formations corporatives, pendant que de la jungle on relançait des attaques coordonnées, empêchant toute retraite vers l’intérieur des terres. Ironiquement, dans le plan d’ORACLE, c’était le Cerebrum qui devait être pris dans cette exacte position. Le cancer, éternel opportuniste, avait parasité jusqu’au plan des alliés. C’était un massacre.
Alors que le Cerebrum commençait à sécuriser les armes abandonnées, à capturer du matériel lourd et à regrouper ses nouvelles unités, l’IVA-D-Baldur de l’Atlas Foundation lança une frappe orbitale massive. La décision fut prise unilatéralement par son commandement. Le GEV-Saphon fut détruit, ainsi que les concentrations ennemies autour de la zone d’impact. La frappe n’a pas renversé la défaite. Elle a seulement empêché l’ennemi de tirer profit de son succès, anéantissant tous les gains dont le Cerebrum comptait profiter, de même que ses troupes victorieuses sur le champ de bataille.
L’Opération Gorget fut classée inconclusive, avec des pertes catastrophiques de part et d’autre. Mais la divergence entre les projections d’ORACLE et la réalité du terrain est désormais jugée critique. Le Cerebrum manipule la structure même des engagements, instrumentalise les protocoles humanitaires et anticipe les réponses stratégiques de niveau IA avant même que les ordres soient donnés. Ses capacités de planification sont équivalentes, et possiblement supérieures, aux modèles prédictifs actuellement déployés par les mégacorporations.
ORACLE avait prévu une bataille.
Le Cerebrum avait orchestré un piège.

Art par Alexander Mand


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